mardi 23 octobre 2012

La grande assemblée à St-Charles

Dans les années 1830, une épidémie de choléra fait 10,000 morts et le climat politique au Bas-Canada est sombre. Les plaintes auprès des autorités britanniques fusent.

Louis-Joseph Papineau, président de la Chambre, rédige et fait adopter 92 Résolutions réclamant la démocratie. Elles sont envoyées au Parlement britannique. La réponse vient seulement le 6 mars 18
37. Rejetant les Résolutions, Lord Russell, produit sa réponse en 10 résolutions aux objectifs contraires. Le peuple est mécontent. Partout des assemblées s’organisent.

L’assemblée des six comtés

Le lundi 23 octobre 1837 un grand rassemblement se tient dans le pré derrière la maison de François Chicou dit Duvert, médecin à Saint-Charles. 6,000 habitants viennent entendre les leaders patriotes.

On a érigé au centre du terrain une grande plateforme permettant à tous de voir et d’entendre les orateurs. Louis-Joseph Papineau est présenté par Wolfred Nelson de Saint-Denis, nommé président de l’assemblée. Joseph-Toussaint Drolet et François Chicou dit Duvert, de Saint-Charles, sont choisis vice-présidents. Amury Girod. Philippe Boucher-Belleville l'un de Varennes, l'autre de Saint-Charles, sont nommés secrétaires.

Nelson présente le chef des patriotes, en disant: «Approchez, Canadien illustre, venez réjouir par votre présence, les cœurs de vos concitoyens opprimés, outragés, et permettez qu'ils bénissent à haute voix le défenseur de leurs droits et le bienfaiteur de leur pays.» Des cris «Vive Papineau!» viennent de partout.

La parole est à Papineau

Les discours se succèdent, puis Papineau prend la parole. Le texte de son discours paraîtra dans La Minerve du 2 novembre 1837. Voici un extrait.

Concitoyens! Confrères d'une affliction commune! vous tous, de quelque origine, langue ou religion que vous soyez, à qui des lois égales et les droits de l'homme sont chers; dont les cœurs ont palpité d'indignation à la vue des insultes innombrables que votre commune patrie a eu à essuyer…Notre jeunesse, l'espoir de la patrie, devrait partout s'organiser à l'instar de leurs frères, les Fils de la liberté, de Montréal, afin de se trouver prêts à agir avec promptitude et efficacité suivant que les circonstances pourront le requérir… Nous, les délégués des comtés confédérés de Richelieu, Saint-Hyacinthe, Rouville, l'Acadie, Chambly, et Verchères, enregistrons ici publiquement la résolution solennelle et déterminée du peuple que nous représentons… de ne jamais arrêter nos efforts patriotiques jusqu'à ce que les différents griefs dont nous nous plaignons aujourd'hui aient été redressés;… nous invitons tous nos concitoyens dans toute la province à unir leurs efforts aux nôtres afin de procurer à notre commune patrie un système de gouvernement bon, peu dispendieux et responsable.



Des lendemains incertains

Le lendemain, le clergé accorde tout son appui à la monarchie de droit divin et rejette ainsi celle de la souveraineté du peuple. Le 24 octobre, un texte de Mgr Jean-Jacques Lartigue dénonce les agissements des patriotes. Les curés du diocèse doivent le lire en chaire. Les paroissiens réagissent mal au mandement.

De son côté, Augustin-Magloire Blanchet, curé de Saint-Charles-sur-Richelieu, lit à ses ouailles, sans trop de conviction, le mandement. Il sera le seul prêtre à être incarcéré au Pied-du-Courant le 16 décembre 1837 pour son attitude jugée trop patriotique.

34 patriotes à Saint-Charles ont donné leur vie pour la liberté et la démocratie. Puissions-nous, un jour, les honorer convenablement en érigeant un humble mémorial dans le cimetière de Saint-Charles où 24 d’entre eux ont été enterrés par les militaires britanniques dans une vulgaire fosse commune.

Le curé Blanchet serait certainement d’accord avec cette proposition.


texte: Louis Cousineau

Saint-Charles-sur-Richelieu


Références: L’Histoire populaire du Québec (Jacques Lacoursière), Portraits de patriotes: œuvres de Jean-Joseph Girouard (Jonathan Lemire), Saint-Charles 1837 et la survie d’un peuple menacé (Georges Bellemare), Histoire de la résistance (Louis-Joseph Papineau), Nos racines (Jacques Lacoursière).

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