mardi 14 février 2012

« Je meurs sans remords » Chevalier de Lorimier

Testament politique de 
Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, 
prison de Montréal 14 février 1839, 11 heures du soir.

« Le public et mes amis en particulier, attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité. L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour, l'intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. Je ne prendrais pas ce parti, si je ne craignais qu'on ne représentât mes sentiments sous un faux jour ; on sait que le mort ne parle plus, et la même raison d'État qui me fait expier sur l'échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J'ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d'une manière vraie et solennelle à mon heure dernière. Non pas sur l'échafaud, environné d'une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l' indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendance de mes compatriotes ; nous avons été malheureux jusqu'à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien. Malgré tant d'infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et d'une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent ; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versés sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué de deux étoiles des Canadiens. Je laisse des enfants qui n'ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins, c'est vous que je plains, c'est vous que la main ensanglantée et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n'aurez pas connu les douceurs et les avantages d'embrasser votre père aux jours d'allégresse, aux jours de fêtes! Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d'autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l'irréussite. Si le succès eut accompagné ses tentatives, on eut honoré ses actions d'une mention honorable. "Le crime et non pas l'échafaud fait la honte." Des hommes, d'un mérite supérieur au mien ont battu la triste voie qui me reste à parcourir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants ! vous n'aurez plus qu'une mère tendre et désolée pour soutien. Si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l'indigence, demandez quelque fois en mon nom, je ne fus jamais insensible aux malheurs de mes semblables. Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d'échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais ! ... Je n'ai plus que quelques heures à vivre, et j'ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes. Pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant : Vive la liberté, vive l'indépendance! »
Chevalier de Lorimier

 

mercredi 8 février 2012

Ligue québécoise contre la francophobie canadienne

''La LQCFC (Ligue québécoise contre la francophobie canadienne)
Demande aux députés du Québec, du Canada-Français
et de l'Acadie à Ottawa de refuser la médaille du 60e qui leur est offerte''

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 6 février 2012 (8h45)

Lancement du jubilé royal

Voici le texte de la missive que la Ligue fait parvenir en ce jour même à la députation d'origine française, sans égard aux partis, siégeant aux Communes à Ottawa :

''Nous vous prions de refuser cette médaille déshonorante tachée du sang des nôtres, au nom de toutes les exactions, les injustices et les souffrances que la couronne anglaise a fait subir historiquement à l'Amérique française, ses peuples, sa langue et ses droits. Comment oublier la Déportation inhumaine et barbare des Acadiens, la pendaison des Patriotes et celle de Louis Riel, la fermeture des écoles françaises partout au Canada etc. ?

Tenez-vous debout et pensez à toutes ces générations victimes du racisme caractérisé et de la francophobie sévère qui furent érigés en système au Canada au nom de la couronne anglaise.

Cette monarchie n'est pas seulement étrangère mais historiquement hostile à l'Amérique française et réfractaire à ses droits pourtant les plus naturels.

Gilles Rhéaume - LQCFC


jeudi 2 février 2012

Blaise Juillet dit Avignon

Blaise (9 fois mon arrière-grand-père) est né le 26 février 1611, à St-Agricol, Avignon, Comtat-Venaissin, Vaucluse, France. 
Il était bêcheur et est décédé le 19 avril 1660, âgé de 49 ans, à l'île-des-Sœurs, Montréal.
Il est arrière-grand-père de nôtre première Maman Québécoise du côté paternel, Louise Juillet.
Louise Juillet épousa René-Joseph Durocher le samedi 06 mai 1730 à Batiscan.

Vous remarquerez le nom de Blaise Juillet 
derrière Pierre Falardeau

Blaise Juillet dit Avignon,  (tout simplement parce qu'il était originaire de la ville d'Avignon)  âgé de 39 ans, a épousé Anne-Antoinette Leicourt, à environ 17 ans, le 2 février 1651 à Trois-Rivières. 
Ils ont quatre enfants :
Mathurine Juillet née en 1651
Marie Juillet née en 1653
Charles Juillet né en 1656
Louis Juillet né en 1658

Depuis 1657, les Iroquois et les Français sont de nouveau en guerre ouverte.
À cause de la présence iroquoise dans les environs, les canots de traite évitent l'île de Montréal. En conséquence, la petite colonie de Ville-Marie souffre d'une pénurie de fourrures, et ses profits sont minces.
Tout commença lorsqu'un prisonnier iroquois, torturé (par les Hurons, selon certains auteurs), fit office de délateur et confia aux Français que les Iroquois planifiaient depuis l'automne 1659 une invasion de la Nouvelle-France dans une optique de vengeance. Le plan débutait à Montréal, puis aux Trois-Rivières et devait se terminer par la destruction de Québec.
Selon Jean Valet, l'un des compagnons d'infortune, l'audacieux projet était de « courir sur les petites bandes iroquoises descendant la rivière des Outaouais, afin de capturer le produit de leur chasse hivernale ».
Le 15 avril 1660, Dollard signe un billet informant qu'il doit à M. Jean Aubuchon la somme de 45 livres, en plus de 3 livres comme intérêts, et qu'il devra rembourser à son retour. Cette petite somme devait servir à financer l'expédition (vivres, poudre, balles de plomb, etc.).
Avant de partir, tous ces volontaires font leur testament, se confessent et communient dans la petite chapelle de l'Hôtel-Dieu, selon l'usage du temps, avant de monter vers l'ennemi. Et tous formulent ce serment : 
« Je jure de combattre jusqu'à la mort et de ne jamais reculer devant l'ennemi ».
Ainsi devant la menace d'une invasion iroquoise de la Nouvelle-France, Dollard et son petit groupe de 16 volontaires de condition modeste (cultivateurs, artisans, etc.) partirent de Ville-Marie la première fois le 16 avril. 
Le 19 avril, ils rencontrent, près de l'île Saint-Paul (maintenant l'Île-des-Sœurs) deux canots ayant une quinzaine d'Onnotangués et trois prisonniers français. Il y a escarmouche, quelques Iroquois meurent et les autres prennent la fuite. À ces dix-sept héros chrétiens, on doit joindre le brave Anahontaha, chef des Hurons, comme aussi Metiwemeg, capitaine Algonquin, avec les trois autres braves de sa nation, qui tous demeurèrent fidèles et moururent au champ d'honneur; enfin les trois Français qui périrent dans le début de l'expédition.

L'histoire a retenu leurs noms:
Nicolas Duval, tué par les Iroquois, un célibataire qui était arrivé à Ville-Marie en 1653, en même temps qu'une centaine de nouveaux colons qui formaient ce que l'on a appelé «la Grande Recrue»
Mathurin Soulard, un charpentier du fort, et
Blaise Juillet dit Avignon, ce dernier laissait derrière lui son épouse, Anne-Antoinette de Liercourt et quatre enfants, dont le dernier était âgé d'un an et demi. Soulard et Juillet s'étaient noyés, alors que leur canot avait chaviré au cours de l'attaque.

La troupe retourne à Ville-Marie pour les obsèques de ceux-ci. Second départ le 22 avril pour se rendre en un lieu appelé le « fort du sault de la chaudière » (appelé « Quenechouam » avant la venue de Champlain. En 2004, Thomas E. Lee, historien et archéologue, affirme qu'il a découvert le site du fortin au pied du premier des rapides du Long-Sault, à 8 km à l'est de la ville de Hawkesbury, en Ontario).
Ils traversent le lac des Deux-Montagnes et remontent l'Outaouais, passent les rapides de Carillon, puis les rapides de la chute à Blondeau, pour arriver jusqu'au Sault de la Chaudière. Ils viennent s'embusquer au pied du Long-Sault.

Hugues Picard dit Lafortune (1627-1707) Originaire de Saint-Colombin (Bretagne), défricheur et scieur de long. Il repasse en France au terme de son contrat, mais revient en 1659, comme menuisier des Sulpiciens. L'année suivante, le 30 juin 1660, il épouse Anne-Antoinette de Liercourt, veuve de Blaise Juillet dit Avignon et mère de quatre enfants, lui donna 5 autres enfants. Anne-Antoinette fut assignée à témoigner au procès intenté par Jean Milot, l'époux de Marie-Marthe Pinson,contre Pierre Verrier, en juillet 1673, relativement au vol d'une certaine quantité de castors. Elle déposait également contre Roberte Gadois, le 1er septembre suivant; celle-ci avait accusé à tort la femme de René Moreau d'avoir eu la fleur de lis en France. Anne-Antoinette de Liercourt décède en septembre 1707 et son époux s'éteint à son tour deux mois plus tard. Anne-Antoinette de Liercourt est aussi connue sous le nom de Estienette De Leircour, Antoinette De Liercourt, Marie-Antoinette Liercour, Anne-Marie De Liercourt, Anne De Liercourt, Antoinette Deliercour et Marie-Antoinette De Liercourt. Elle est la fille de Philippe De Liercourt et Jeanne Patin.

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